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COUP DE GUEULE : ASSEZ DU SILENCE QUI NOUS ENTERRE VIVANTS !

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La Kumparin - Premier éclat de lumière

Premier Éclats de Lumière

Premier Éclats de Lumière

Au seuil des mots


« La nuit, les constellations ne sont qu’un tissage de points lumineux. Entre eux, l’espace semble vide, mais c’est l’œil qui relie. La mémoire faite de même : elle relie des fragments isolés et leur donne forme. »

Les clairières de l’espérance

Comprendre n’est pas absoudre.

Nommer n’est pas condamner.

Entre le cri et le silence, il y a cette étroite ligne où le soin se tient — celle du regard qui reconnaît sans réduire.

J’ai écrit ces pages non pour juger, mais pour demeurer fidèle à la lucidité du lien.

Car l’amour, même blessé, reste un témoin de ce qui nous relie au vivant.

Il arrive un moment où, au cœur même de la forêt intérieure, une ouverture se dessine. On croyait le chemin étouffé sous les branches basses, prisonnier des racines et des ombres persistantes, et voilà qu’une trouée s’offre à nous. La clairière n’est pas l’oubli de la forêt : elle est son souffle, son relâchement, son espace de lumière.

Dans ma vie comme dans celle d’Yves et de Manon, ces clairières existent. Elles ne se présentent pas toujours au moment où on les attend, mais elles surgissent, parfois dans le détail le plus fragile. Un rire échappé malgré la douleur. Une promenade au parc où les arbres, au lieu d’écraser, semblent accompagner le pas. Une parole d’Yves, jetée presque distraitement, mais qui résonne comme une vérité que je n’aurais jamais osé formuler.


Ces instants ne durent pas longtemps, mais ils suffisent. Ils sont comme des sources cachées que l’on découvre après une longue marche. Et dans cette eau, nous retrouvons la force de continuer.

 

Philosophiquement, il y a là une leçon simple et essentielle : l’espérance n’est pas un grand édifice qu’on construit une fois pour toutes, mais une suite de clairières que l’on traverse. Ricœur dirait que chaque récit de vie se nourrit de ces parenthèses de lumière, qui redonnent sens au chemin. Levinas, lui, y verrait l’infini de l’autre : cette promesse qui surgit sans prévenir et qui nous oblige à rester en marche.

L’espérance n’est pas naïveté, elle est courage. Elle n’est pas fuite, elle est consentement. Elle n’ignore pas les ténèbres, mais elle ose affirmer que les ténèbres ne sont pas tout. Elle murmure que, même dans la plus épaisse des forêts, il existe toujours une clairière.

Et dans ces clairières, je retrouve Yves autrement : non plus seulement dans ses blessures, mais dans sa capacité à percevoir ce que je ne vois pas, à saisir l’évidence là où je m’égare dans mes raisonnements. Sa fragilité devient alors une force, non pas au sens héroïque ou spectaculaire, mais comme une source tranquille, capable de nourrir le sol de notre vie commune.

Je comprends alors que ces clairières ne sont pas des interruptions du chemin : elles en sont le cœur battant. Elles sont la preuve que, malgré tout, l’avenir peut être habité autrement — non pas dans l’assurance d’un tracé clair, mais dans l’accueil de chaque éclaircie comme une promesse renouvelée.


Sang-d’Encre 


Commentaires

  1. Dans les ombres tissées de l'exil, "Une mémoire de l’exil" se déploie comme un parchemin ancien, froissé par les vents des siècles, où chaque pli cache un cri étouffé et une étincelle résiliente.

    La Kumparin n'est pas un simple mot, mais un caravane fantôme, un vaisseau nomade voguant sur les rivières invisibles de la dispersion. Née des peuples du nord de l'Inde, capturés au XIᵉ siècle et jetés aux marges de l'Europe comme des graines arrachées à leur sol natal, elle incarne la Romani errante – cette âme collective qui, sous le fouet de la répression, des expulsions et des ombres stéréotypées, a tissé une tapisserie vivante, non conventionnelle, transmise de feu de camp en feu de camp.

    Imaginez : "Kumparin", en romani, murmure la caravane familiale, ce cocon mouvant de solidarité où l'errance n'est pas malédiction, mais alchimie. Elle absorbe les échos de l'Inde millénaire, se teinte des langues latines et occitanes cueillies sur les routes poussiéreuses, et transforme la douleur en une métaphysique populaire – une poésie des opprimés.

    Ici, la contrainte devient force, la marginalisation une forge de création. Les "hommes du bas", ces racines enfouies dans la boue de l'histoire, s'élèvent en une verticalité intérieure, un pont de sagesse jeté par-dessus les abîmes de l'exil. C'est l'écho d'une diaspora entière : non pas une lamentation, mais un chant de résistance, où le nomadisme sculpte la dignité comme un sculpteur invisible taillant la pierre du destin.

    Poétiquement, ce texte danse entre lumière et obscurité, comme les vignettes qui l'entourent – ces images spectrales en tons sépia ou chauds, évoquant des silhouettes illuminées dans le crépuscule. Le ton, affirmatif et contemplatif, élève la persécution en hymne de survie : "Malgré la persécution, elles ont su préserver...",un refrain qui pulse comme un cœur battant sous la peau de l'histoire.

    Symboliquement, la Kumparin est un vers errant, une strophe en mouvement perpétuel, où chaque migration ajoute une rime nouvelle : l'Inde rime avec l'Europe, la dispersion avec la solidarité, la douleur avec la lumière naissante.

    Plus profondément, on pourrait l'interpréter comme un haïku de l'âme nomade : l'exil comme hiver rigoureux, la mémoire comme bourgeon printanier, et la Kumparin comme le vent qui porte les graines vers un sol fertile inattendu. Elle invite à une méditation sur l'humain déraciné – non comme victime, mais comme poète du chaos, inventant des mondes intérieurs là où le monde extérieur refuse l'accueil. Dans ce sens, le post n'est pas un récit isolé, mais un éclat dans la nuit collective, un appel à transformer nos propres errances en sagesse pontifiante. Si l'exil est une mer tumultueuse, La Kumparin est le phare intérieur, guidant vers des rivages de dignité reconquise.

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