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COUP DE GUEULE : ASSEZ DU SILENCE QUI NOUS ENTERRE VIVANTS !

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Manifeste du Sang-d’Encre

LA KUMPARIN

Un nom occitan pour la Roulotte : l’abri, le mouvement.



Mais aussi, un écho à :

KUMBHA (Sanskrit) : le corps-jarre, réceptacle de la souffrance.

PARINĀMA (Sanskrit) : la mutation, l’exigence de la transformer.

COMPARER (Latin) : le geste de bâtir un pont entre le débris et l’horizon.

La Kumparin n’est pas un abri. C’est la philosophie de mon mouvement.


« Ce livre est exigeant parce que ma vie l’a été. »

Je n’écris pas avec des mots, j’écris avec ce qu’il en reste.

« Récit d’un homme du bas face à l’absurde »

 

Je voudrais vous dire…

Il y a des moments où la route ralentit, même quand on continue à faire semblant d’avancer.

On parle, on explique, on raconte pour tenir debout, mais à l’intérieur quelque chose se tasse. Une fatigue ancienne remonte sans demander la permission.

On croit encore gérer la journée : le père, les papiers, les centres, les messages, les silences. On croit, oui.

Mais le corps, lui, sait déjà que la nuit approche. La vraie. Celle qui ne protège pas. Celle qui ne pardonne pas.

La Kumparin roule encore dans le jour, même avec ses roues bancales.

Mais quand vient le soir, quand tout le monde dort, la vérité ne se cache plus. Elle se faufile par les fissures, elle remonte dans la gorge, elle s’assoit sur la poitrine.

C’est là que la route s’arrête. Pas parce qu’on l’a décidé. Parce qu’on ne peut plus avancer.

Après ça, il ne reste qu’une seule façon d’écrire : comme on respire quand on manque d’air.

C’est pour ça que viennent maintenant Les Nuits. Parce qu’il n’y a pas d’autre endroit pour dire ce qui suit. Parce que le noir ne ment pas. Parce que la fatigue parle à ma place. Parce que tout ce que j’ai porté le jour s’effondre dès que je m’allonge.

Voici la nuit. Voici ce qu’elle fait du corps. Voici ce qu’elle fait de moi.

 

Le tripier et l’homme du bas

Le tripier


Avant, il y avait le tripier.

Pas un métier de lumière.

Pas un métier qu’on montrait.

Un métier de l’ombre, un métier de l’odeur, un métier du fond.


Le tripier travaillait là où personne ne voulait descendre :

dans les entrailles.

Dans ce que les autres appelaient le déchet.

Dans ce qui fait détourner la tête.


Les riches mangeaient le filet, le cœur, la belle chair.

Les pauvres, eux, prenaient le reste :

les panses, les boyaux, les langues, les foies, les rognons, les estomacs.


Eux, ils savaient que la survie ne s’écrit pas avec des belles phrases.

Elle se découpe dans ce qu’il reste quand tout a été pris.


Le tripier, c’était un chirurgien sans diplôme.

Un poète du rebut.

Un maître dans l’art de transformer ce qui dégoûte en quelque chose qui nourrit.


Aujourd’hui, ce métier n’existe presque plus.

Disparu comme disparaissent les métiers du bas, ceux qu’on préfère oublier ;

ceux qui appartiennent à la vie brute, à la vie vraie.


Et moi, quand j’écris, je suis comme eux.

Je descends dans les viscères.

Je fouille là où ça sent fort.

Je touche ce que les autres cachent.

Je ne jette rien.

Pas une larme.

Pas une honte.

Pas un souvenir sale.

Pas un mot de trop.

Pas un enfant qui tombe.

Pas un père qui craque.


J’écris avec mes mains qui tremblent, avec ma mémoire, avec mes cicatrices, avec mes nerfs, avec ce que la vie m’a laissé :


mes tripes.

Parce que les gens du bas ne vivent pas dans le décor, mais dans l’arrière-boutique, dans la chair, dans les restes, dans les pertes.

Parce que nous avons appris, comme les tripiers, que même la douleur peut nourrir.

Que même les abats peuvent sauver.

Que même les viscères ont une valeur.

Et que rien, jamais rien, ne doit être jeté quand on a tant manqué.


Je n’écris pas pour faire beau.

Je n’écris pas pour plaire.

Je n’écris pas pour être littéraire.


J’écris comme un tripier travaille :

à vif,

à cru,

avec tout ce qui se tord,

tout ce qui hurle,

tout ce qui respire encore malgré tout.


Je suis un homme du bas.

Un homme qui n’a jamais eu le luxe d’écrire avec sa tête.

Alors j’écris avec mes entrailles.

Et c’est peut-être ça, finalement, la seule vérité que je possède.



"Moi, j’écris comme ça :

avec les mots qui collent aux doigts,

avec les phrases qui sentent la sueur et la cendre,

avec les souvenirs qui goûtent le fer et le sel.

Je ne cherche pas les belles tournures.

Je cherche la vérité.

Même si elle pue.

Même si elle fait mal.

Même si elle dérange."


Sang-d’Encre 


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